Rituel de chair – Graham Masterton

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Lorsqu’on est critique gastronomique et que l’on a fini par se lasser de la cuisine médiocre que proposent les auberges américaines, on se sent plein d’appétit en apprenant l’existence, au fond du Connecticut, d’un restaurant français très fermé qui, attrait supplémentaire, ne figure sur aucun guide.

Aussi Charlie McLean n’aura-t-il de cesse de s’y faire admettre. Mais pour la secte qui tient le « Repositoire », la cuisine n’est pas seulement un art, c’est une véritable religion à laquelle on se dévoue … corps et âmes. Et chacun doit donner du sien.

Rituel de chair est le second livre de Graham Masterton que je lis, après « Démences » et ce ne sera sûrement pas le dernier. Certain le considère comme le Stephen King britannique (il est écossais) mais je trouve que pour le peu que j’ai lu de lui, il y a une grande différence. Stephen King joue plus sur les peurs intérieures et l’angoisse tandis que chez Graham Masterton la peur est plus physique et on se rapproche vraiment plus de l’horreur avec même des touches de dégoûts en lisant.

Concernant l’histoire, on suit Charlie McLean un critique gastronomique qui sillonne les États-Unis pour mettre continuellement à jour le MARIA, un équivalent du guide Michelin mais sans grande renommée. Ces journées consistent donc à aller de restaurants en restaurants afin de goûter les plats et d’en faire une description pour son guide. Côté vie privée, Charlie est un homme divorcé et a un fils de 13 ans, Martin. Cette semaine, il a la garde de son fils et l’emmène donc avec lui dans sa « tournée ».

Au cours d’un de ses repas en mode incognito, Charlie apprend l’existence du « Repositoire », un restaurant (plus précisément une société gastronomique) français très sélect. Pour pouvoir y entrer, il faut obligatoirement une invitation. Ce mystère qui plane autour du Repositoire va pousser Charlie à tout tenter pour pouvoir y entrer. Pendant que son père est en pleine « recherche approfondie » avec une rencontre d’un soir qui dispose d’une entrée au Repositoire, Martin disparaît.
Charlie va partir à sa recherche et va le trouver au restaurant français. Malheureusement pour lui, le restaurant a comme spécialité la chaire humaine. En effet, le Repositoire est occupé par l’ordre religieux des célestins.

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Une petite salade de doigts peut être ?

Il s’agit d’une religion qui afin de faire revenir le Christ sur terre, pratique le cannibalisme. Martin à intégrer cette secte de lui-même après avoir discuté avec un de ces membres. Chaque dévot qui intègre l’ordre est une personne consentante qui par acte de foi va couper des parties de son corps afin de les manger et les partager avec leur guide spirituel. C’est en partie parce que la personne est consentante (et surtout car il y a de nombreuses personnalités au sein des célestins) que les pratiques y sont tolérées et surtout considérées comme légales. La loi est donc inefficace et ne peut aider un père, en l’occurrence notre ami Charlie à récupérer son fils.

Tout au long de l’histoire, nous allons suivre Charlie qui à l’aide d’une journaliste va tenter de faire sortir son fils de l’emprise des Célestins avant le jour du rituel sacré.

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Baron Samedi

Graham Masterton à mélanger l’histoire de l’ordre des Célestins  qui était un ordre religieux, surtout français et italien, créé en 1264 et basé sur le recueillement et la religion vaudou avec l’aspect du cannibalisme et la légende du baron samedi. Et il n’y a pas à dire, ça marche vraiment. De plus les passages sur les pratiques cannibales sont vraiment gores et nous retourne l’estomac :

 Velma se trouvait là, ou plutôt ce qui restait de Velma. Elle avait tranché ses deux seins, puis ouvert une large plaie dans le ventre afin d’en extraire son foie et ses reins.

Je n’ai pas encore d’autre roman de Graham Masterton, mais je pense que si un jour je tombe sur l’intégrale « Manitou », je me la procurerai.

P.S : dans l’article Jessie, je vous avais dit que je commençais le cycle de Dune et c’est le cas. J’ai déjà lu les deux premiers tomes (qui selon les éditions n’en forme qu’un). Mais je conserve ma critique pour le cycle entier. Je peux par contre vous dire que c’est excellent. Et actuellement je suis en train de lire une nouvelle de Philip K.Dick : Ce que disent les morts.  

 

 

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